|
Par rapport au précédent record qui
remonte à 2005, l'été 2007 aura vu la superficie des glaces de mer
diminuer de l'équivalent de deux fois la surface de la France.
La
fonte estivale de la banquise arctique s'accélère. Son extension a
atteint un niveau historiquement bas ces derniers jours. Par rapport au
précédent record, qui remonte à 2005, l'été 2007 aura vu la superficie
des glaces de mer diminuer de l'équivalent de deux fois la surface de
la France : au 9 septembre, elles ne couvraient que 4,24 millions de km2, contre 5,32 millions de km2
il y a deux ans, selon le Centre américain de données sur la neige et
la glace (NSIDC). L'Agence spatiale européenne (ESA) fait le même
constat à partir des images du satellite Envisat. "La
réduction de la banquise était de 100 000 km2 en moyenne chaque année, commente Leif Toudal Pedersen, du Centre spatial danois. Si bien que la perte d'un
million de km2 représente une chute extrême." "Battre des records est presque devenu une habitude,
note Jean-Claude Gascard, directeur de recherche au Laboratoire
d'océanographie et du climat et responsable du programme européen
Damocles. A ce rythme, la banquise estivale pourrait avoir disparu en 2020." Soit beaucoup plus tôt que ne le prévoient les modèles climatiques, qui tablent plutôt sur des eaux libres en
été au pôle Nord vers 2050.
A quoi tient cette fonte accélérée ? Jean-Claude Gascard avance deux
explications : des étés plus chauds, liés au réchauffement climatique
et marqués par une couverture nuageuse basse, "qui
accroît l'effet de serre plutôt qu'elle ne réfléchit le rayonnement solaire". Mais aussi "une accélération fantastique de la dérive transpolaire des glaces de mer". Le voilier
Tara, prisonnier volontaire de la banquise pour l'étudier, a connu un déplacement deux fois plus rapide que prévu.
"Je pense cependant que les principaux impacts de la diminution de la banquise seront sociaux, estime Sheldon Drobot. Des
indices montrent que cela va modifier le régime des pluies en Europe de
l'Ouest, ce qui pourrait avoir une influence majeure sur l'agriculture,
la viticulture et d'autres activités économiques."
source: article - Le Monde du 17/09/08
|