Boom nucléaire : retour dans les starting block ?
 
le 12-04-2008 23:00
A l’heure où le morale des pays de l’Occident subit une dégénérescence effective, il se pourrait qu’il privilégie à terme la conduite d’une conscience immorale appuyée par une possible direction préemptive de l’OTAN qui étudie actuellement l’alternative d’une frappe nucléaire qui contrerait de manière efficace une menace imminente de la prolifération des armes de destruction massive.

A une époque où les recettes de dissuasions d’antan ne sont plus possibles, l’OTAN considère sérieusement – et bizarrement - un rapport radical remis par cinq haut-gradés militaires. Rédigé notamment par l’amiral Lanxade, ancien Chef d’Etat-major des Armées, ce manifeste démontre l’intérêt d’une réforme totale de l’Alliance, ainsi qu’un nouveau pacte rassemblant les USA, l’OTAN et l’Union Européenne, en définissant une « grande stratégie » face aux défis posés par un monde de plus en plus confronté à la violence. Ces vieux responsables des forces armées américaines, britanniques, allemandes, hollandaises et françaises, proposent l’option d’une frappe nucléaire dans la mesure où aucune vision réaliste d’un monde dénucléarisé n’est aujourd’hui possible. Selon eux, le danger d’une attaque nucléaire, même de courte portée, est aujourd’hui plus que probable, est rend urgent une réforme totale des structures militaires et de la stratégie occidentale.

Ces 5 militaires constatent que les modes de vie occidentaux sont menacés par le fanatisme politique et le fondamentalisme religieux, par la mondialisation (terrorisme international, crime organisé, prolifération des armes de destruction massive), par les changement climatiques qui inclus des migrations environnementales et une lutte des ressources, et par l’affaiblissement des Etats nations et des organisations internationales comme l’ONU, l’OTAN et l’Europe.
 
Ce livre blanc de 150 pages contient également une somme d’autres propositions radicales comme :

• L’abandon de la règle de l’unanimité pour la règle de la majorité dans les prises de décision au sein de l'OTAN, notamment pour lancer des opérations militaires.

• L’impossibilité pour un pays membre qui ne participe pas à une opération de l’OTAN de mettre son veto à cette opération.

• L’abandon de passer par l’autorisation de l’ONU pour décider des actions extérieures, quand «une action immédiate est rendue nécessaire pour la protection de quantités importantes d’êtres humains».

• L’abandon du système des autorisations nationales pour l’emploi de forces nationales dans tel ou tel secteur, comme c’est le cas actuellement en Afghanistan.
…etc.

Ce discours d’outre monde et assis sur cette option d’apocalypse intervient dans un cycle de désespérance qui correspond à la non maîtrise de la prolifération des armes de destructions massives au sein de pays comme l’Iran, l’Inde ou le Pakistan ; et à la faiblesse politico structurelle interventionniste de l’ensemble des organisations internationales.
 
Par cette alternative, l’OTAN expose virulemment l’épée de damoclesse qui pend au-dessus des pays qui se risqueraient à débrouissailler des sentiers interdits, mais cependant, qui emporterait le monde dans un embrasement inéluctable. De plus, cette intense dramatisation du monde nous retéléporte aux pires moments de la guerre froide et nous laisse avec un grand sentiment de désordre, voir de vide face à ce monde censés être meilleur – qu’avant – mon cul.
 
Egalement, affirmer qu’il faut utiliser la frappe nucléaire sonne assez bizarrement au moment où la crise boursière internationale tend désormais à s’épanouir...

Histoire d’aller au bout d’une telle hypothèse, il est intéressant de détailler également quels en seraient les effets pour la population mondiale, et ce, au-delà, de toutes ripostes militaires, aussi débilisantes soient-elle. La revue de l’Académie des sciences américaine (PNAS) vient justement de publier les effets sur la couche d’ozone d’un échange – minime par rapport aux stocks mondiaux - de missiles nucléaires entre l’Inde et le Pakistan – le scénario le plus probable pour de nombreux généraux américains. Les progrès fait en chimie depuis plus de vingt ans révèlent aujourd’hui, et à contrario des affirmations passées, les effets catastrophiques sur l’environnement et la santé humaine d’un conflit nucléaire, même réduit.

L’Inde et le Pakistan disposent d’ogives nucléaires équivalente à 100 fois la bombe qui rasa Hiroshima, soit 0,1 % des stocks mondiaux. Le résultat de leur étude révèle que ces explosions provoqueraient une série de réactions chimiques conduisant à détruire l'ozone stratosphérique, celui qui protège tous les êtres vivants contre les rayons UV du Soleil, casseurs de molécules biologiques, dont l'ADN. Ce scénario apocalyptique se déroulerait suite à l’importance des incendies urbains qui enverrait 5 Tg (5 puissance 9 kg) de particules de suies noires dans la haute troposphère. Ces particules entraîneraient un process  photochimiques détruisant 20% de l’ozone atmosphérique. Cette destruction atteindrait entre 25 et 45% aux moyennes latitudes, et entre 50 et 70% aux hautes latitudes de l'hémisphère nord et 10 ans seraient nécessaires à la reconstitution naturelle de la couche d’ozone stratosphérique.

Cette alerte tombe à pic pour la défense d’une politique de non prolifération des armes nucléaire, et donc de fait, en un parfait accord avec le rapport affligeant sus décrit remis à l’OTAN.

Bizarre, vous avez dit bizarre ?


Source :
http://contreinfo.info/
http://www.dedefensa.org
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/

Publié dans : , GUERRE(S)
Tags : OTAN ATTAQUE NUCLEAIRE, frappe nucleaire
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